Quels enseignements tirer des élections communales à Neupré ?

La progression du MR en terme de voix atteint 17%, soit la plus forte de la commune. Malgré une dissidence qui lui enlève 267 voix, le Mouvement Réformateur progresse de 255 voix et gagne 2 sièges. Le MR passe donc à Neupré de 4 à 6 conseillers communaux et devient la deuxième force politique de la commune. Il est clairement le grand gagnant de ces élections. L'électeur a fait son choix.

Le cdH, lui, est désavoué par l'électeur et enregistre une baisse de 5%. Malgré ce signe clair des citoyens, l'accord préelectoral entre PS et cdH, gardé secret pour mieux tromper les Neupréens, maintient les perdants dans la majorité.

Une élection est l'occasion de prendre le pouls de la population, d'entendre ses messages. Le PS n'a pas entendu l'appel que la population lui a envoyé et a choisi le partenaire le plus faible. L'électeur neupréen a été victime d'un déni de démocratie.

S'il y avait, avant le scrutin, 3 candidats Bourgmestre, au soir des élections, seuls le MR et le PS pouvaient revendiquer le maïorat. Le cdH n'a manifestement pas la confiance des électeurs mais, pour rester au pouvoir, il a laissé le poste de bourgmestre au PS.

Le Chef de File cdH se félicite dans la presse d’avoir battu le MR au sprint le soir du scrutin alors qu'il a perdu les élections. Nous lui rappellerons que la politique est un sport d'endurance. Le MR assurera une opposition ferme, mais constructive, pour préparer l'avenir avec une équipe renouvelée, jeune mais déjà expérimentée.

On ne trébuche pas deux fois sur la même marche : il y a 12 ans, Jean-Pascal D’Inverno, bourgmestre CDH de Neupré, avait appris par une journaliste qu’il était relégué dans l’opposition. Alors qu’il négociait avec une partie du MR, le PS avait conclu le pacte de majorité avec d’autres Bleus, renforcés par la présence de pontes débarqués dare-dare de la Fédération MR dans la campagne neupréenne pour y promettre monts et merveilles. Six ans plus tard, le MR perdait des sièges et le CDH-IC s’associait avec le PS pour partager la majorité. Six années passées en duo, sans signes d’usure du couple… Mais le scrutin est toujours un cap difficile à passer pour les partis alliés : dimanche, le PS a raflé sept sièges, le MR et le CDH-IC six.

Redoutant les Bleus à l’annonce des résultats, l’échevin D’Inverno s’est mis à guetter le moindre signe anormal laissant prévoir une infidélité de son partenaire PS. Par exemple, voir le témoin libéral du bureau de vote principal qui s’éclipse, laissant la place à son suppléant. « Ils n’avaient rien négocié avec nous, voir ce MR nécessaire à une négociation filer ainsi m’a alerté », explique le chef de file CDH-IC.

J-P D’Inverno a alors sauté sur Arthur Cortis, le bourgmestre PS sortant, situé non loin de lui, pour un urgentissime préaccord. Les deux amoureux se sont enfermés jusqu’à minuit pour sceller la reconduction de leur union. « J’ai eu le MR au sprint », laisse échapper l’échevin. Moralité : pour rester dans la majorité, il faut aussi compter sur ses réflexes…

Le Soir Mercredi 21 octobre 2006   WAUTERS Laurence

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