La coalition rouge-romaine est prête à rempiler pour une nouvelle législature. A l'inverse, les libéraux risquent d'être affaiblis par le schisme d'un de leurs anciens échevins. En tout cas, la lutte pour le maïorat sera serrée.
Article du 06/06/2006
- - - - - - - - - - -
Il suffit de prendre les trois premières lettres de Neuville-en-Condroz et d'y ajouter les premières lettres de Plainevaux, Rotheux-Rimière et Ehein. Résultat: Neupré. Pas très loin de 10 000 habitants. Un collège associant PS et CDH-IC (Intérêts communaux). Une vie politique sans grandes vagues durant cette législature.
Il n'en a pas toujours été ainsi. Les deux coalitions précédentes -socialistes-libéraux avant 2000, libéraux-sociaux-chrétiens avant 1994- avaient viré en couples infernaux. Les partis se tiennent de près, les majorités sont courtes et la gestion d'autant plus difficile. Entre les deux partenaires actuels, l'écart en 2000 n'était que de 0,6 pc. C'est assez dire si la lutte pour le maïorat sera serrée.
Ruralité et suburbanité
Mais de querelles, nul ne parle plus aujourd'hui. «Depuis 36 ans que je suis au conseil communal, cette législature-ci est la meilleure, nous dit le bourgmestre Arthur Cortis (PS). Les membres de la majorité se sont parlés, il n'y a pas eu de coups fourrés, on a vu les intérêts communs au-delà des convictions.» Même satisfaction chez le Premier échevin Jean-Pascal D'Inverno (CDH-IC): «Pour autant que l'électeur nous donne une majorité suffisante, il n'y a pas de raison de changer. On avait des craintes au début mais notre partenaire a été loyal.» Les réalisations et les projets? Le nouveau schéma de structure, l'égouttage, le développement culturel du «Coude-à-Coude», le parachèvement de l'école communale, la future maison des jeunes, les pistes cyclables, les aménagements de sécurité... Et à l'horizon, aussi, une nouvelle maison communale.
Pour l'opposition, bien sûr, pas de quoi pavoiser. «Si on relit la déclaration de politique générale du collège en 2000, il n'y a pas grand-chose qui ait été réalisé, à part un point ou deux», affirme Charles-André Verschueren (MR). Au rayon des sujets qui fâchent a surtout figuré, ces derniers temps, la construction d'immeubles à logements multiples, dans le contexte du phénomène de suburbanisation. «Avec la hausse des prix des terrains, il n'y a pas d'autre solution que ces immeubles pour des jeunes qui veulent rester dans la commune», plaide Arthur Cortis. Sur les bancs de l'opposition, l'Ecolo Nicole Deflandre s'insurge: «Il faut des logements sociaux mais dans des emplacements précis. Ce qui se fait à la rue Sart-Laurent sera moche dans le paysage. Et quand, en plus, on voit les prix énormes de ces logements...» Même rejet de la part de Charles-André Verschueren: «Neupré ne doit pas devenir comme Boncelles où des quartiers ont perdu leur caractère rural en dix ou quinze ans.» Et de préconiser plutôt la vente de terrains communaux à des jeunes Neupréens.
Pratiquement, la liste CDH-IC sera tirée par Jean-Pascal D'Inverno et poussée par Michel Hansenne qu'on ne présente plus. La liste PS sera menée par Arthur Cortis suivi de ses échevins. Au MR, la montée en tête de Charles-André Verschueren, jeune attaché parlementaire au Sénat, a provoqué la rupture de l'ancien échevin et chef de groupe André Sauvage. Soutenant que la première place lui avait été promise, il siège comme indépendant et prépare une liste alternative où il entend rassembler «des gens de tous les horizons». Quant à Ecolo, nouveau venu dans le paysage neupréen en 2000 où il avait récolté d'emblée quatre sièges, il mettra à sa proue Robert Bortolloti, ouvrier à Cockerill, Nadine De Maubeuge, femme au foyer, et le professeur François Pichault (ULg). Nicole Deflandre a décidé de se retirer. (Paul Vaute)
© La Libre Belgique 2006